Radon : un gaz naturel qui oblige à repenser l’évaluation des bâtiments
11 Décembre 2025

Radon : un gaz naturel qui oblige à repenser l’évaluation des bâtiments

Le radon, produit par la désagrégation de minéraux présents dans certains sols, peut migrer vers l’intérieur des constructions. Il s’y accumule alors, surtout dans les niveaux les plus bas, là où les échanges d’air sont faibles. Comme il n’a ni odeur ni couleur, il reste longtemps imperceptible. Alors même qu’une forte concentration représente un risque réel pour la santé. Cette réalité pousse désormais les acteurs du bâtiment, et en particulier les diagnostiqueurs, à intégrer ce paramètre dans leur analyse du bâti.

Des obligations qui se renforcent dans les zones exposées

Les territoires classés à potentiel radon élevé doivent faire l’objet d’une vigilance accrue. Les locaux situés en contact direct avec le terrain (bureaux, ateliers, pièces d’accueil du public) doivent donc être évalués. Tout comme les écoles, crèches ou établissements recevant du public. Lorsque les mesures dépassent le seuil réglementaire, le fonctionnement du bâtiment doit être revu : améliorer les débits d’air, vérifier les points d’entrée du gaz ou renforcer certaines parties du sol. Ces démarches ne sont plus accessoires. Elles relèvent dorénavant d’une obligation de prévention.

Un diagnostic qui demande une lecture fine de la structure

Le radon ne se comporte pas comme un polluant classique. Il circule selon les pressions d’air, la perméabilité du sol et les défauts du bâti. Le diagnostiqueur doit donc observer la construction autrement. Il faut en effet repérer les zones poreuses, analyser la ventilation réelle, comprendre comment les volumes s’enchaînent et identifier les failles qui favorisent l’accumulation du gaz. Cette expertise suppose donc une approche méthodique et une bonne connaissance des particularités locales.

Un sujet qui influence de plus en plus les projets immobiliers

Dans les secteurs concernés, le radon devient une information attendue lors d’une transaction. Les acheteurs veulent naturellement savoir si le bâtiment a déjà été mesuré et si des améliorations sont à prévoir. Les propriétaires, eux, anticipent davantage les contrôles pour éviter que le sujet ne freine une vente. Cette évolution montre alors que la qualité sanitaire du bâti prend une place importante dans le diagnostic immobilier. Et que la maîtrise du risque radon fait désormais partie des compétences attendues du professionnel.